« L’exposition à la fête du Cinquantenaire, c’est un honneur, une bonne démarche vers
l’ouverture des artistes. C’est important que les leaders africains puissent s’intéresser à valoriser notre travail. Les musées et les galeries ici en Europe attirent beaucoup de touristes. C’est
une source de revenus que l’Afrique ne devait pas négliger dans ses projets de développement », déclare Masdongar Clément. Artiste peintre-comédien-compositeur-musicien il commence sa
carrière dans les bars de N’Djaména en 1968 avec le groupe « Mystère » en parallèle avec l’ « Orchestre national et le ballet national ». Depuis le début de sa carrière
jusqu’aujourd’hui, Masdongar sillonne le monde entier avec deux prix internationaux en poche.
« L’art est une expression universel (…) les africains font partis des meilleurs de la planète,
seulement, il faut sortir des traditions rituelles et mystiques de nos masques pour nous ouvrir les portes au niveau international », souligne Masdongar. « L’art évolue, quand on
était jeunes, nous nous sommes inspirés de la tradition tchadienne en ayant une vision d’au-delà de notre pays ». Ici, l’artiste parle des jeunes de son groupe d’orchestre
« Mystère » et du ballet national.
L'artiste tchadien insiste sur la protection de l'art africain et appelle aux autaurités à la révision de la
structure législative afin de combattre le phenomène de piratage qui bloquent l'évolution des auteurs africains.
« Humaniser l’art c’est aussi important, l’ouverture d’esprit au public vulnérable, fait
parti de mes objectifs, je veux couper le pont entre les élites et peuple »
Interviewer l’artiste, c’est comme si on rencontrait un ami de longue date. L’artiste n’est pas un homme qui
abuse de sa popularité. Aussi humble qu’intelligent, l’exposition de ses œuvres d’art alterne les musées et les galeries de grand renommés jusqu’aux hôpitaux et les foyers des personnes
vulnérables. « L’art n’est pas réservé aux élites (…), il y a un travail initiatique à faire pour attirer le public qui était jusque là ignorant. Humaniser l’art c’est aussi important,
l’ouverture d’esprit au public vulnérable, fait parti de mes objectifs, je veux couper le pont entre les élites et peuple », affirme Masdongar.
En répondant à la question de savoir si l’exposition dans des lieux marginalisés ne dévalorisent pas ses
œuvres, l’artiste tchadien semble être choqué : « Au contraire, un regard non intellectuel est aussi important, dans un foyer, au début les gens sont subjugués, au fur et à mesure ils
commencent à poser des questions pertinentes. Ils ne sont pas ignorant comme on le croit et plus les gens seront informés, plus ils viendront vers nous ». Masdongar affirme que l’exposition
de ses toiles dans les hôpitaux soulage les maux des malades qui souffrent, une « sorte de thérapie » en d’autres termes.
« L’égalité de sexes dans le projet du milliaire est très encourageant, bonne démarche mais
pas suffisant (…), le changement des mentalités est plus important. Ne pas reconnaître le rôle de la femme dans la société c’est tirer l’humanité vers le bas»
La femme a toujours été la source d'inspiration de l'artiste Masdongar Clément. Sur ses ouvres, les femmes
représentent la mère de l’humanité tout comme son évolution, on les voit « Anges Gardiennes » sur les dessins du peintre. Malgré qu’il vienne d’un pays, à l’époque du début de sa
carrière, où les femmes ne jouaient que le rôle de mère et de femme au foyer, l’artiste tchadien a toujours su que la femme tchadienne ne devait pas être écartée de la gestion du pays.
« La situation ne serait pas comme ça en Afrique, si sa valeur avait été mis en considération depuis
très longtemps, le fait de l’avoir écartée a créé un déséquilibre qui est à la base de la pauvreté » affirme Masdongar. En voulant savoir si l’égalité de sexe dans le projet du miliaire
donne l’espoir pour l’avenir de l’Afrique, l’artiste reste optimiste mais avec un peu de réserve : « L’égalité de sexes dans le projet du milliaire est très
encourageant, bonne démarche mais pas suffisant (…), le changement des mentalités est plus important. Ne pas reconnaître le rôle de la femme dans la société c’est tirer l’humanité vers le
bas».
RDV le 14 décembre, le jour de la célébration du cinquantenaire du Tchad à Paris, sur ce que l’artiste
tchadien Masdongar Clément pense de l’Indépendance de son pays.
Propos recueillis par Lucie Umukundwa
Source : http://www.move4chad.org/article-le-retour-de-l-artiste-clement-masdongar-67981442.html
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